250x160 f20En 1672 Vauban écrivit un manuel d'opérations de siège où beaucoup d'attention fut prêté aux tranchées d'approche creusées en zigzag pour éviter les tirs en enfilade à partir de la place forte.
Lorsque Louis XIV et ses troupes marchèrent sur Maastricht, cette technique fut appliquée pour la première fois. Le 30 juin 1673, après un siège de deux semaines, les assiégés voulurent négocier la reddition de Maastricht. Cette prise rapide était d'une part le fruit de la nouvelle technique d'attaque, d'autre part de la mise en batterie de deux pièces d'artillerie sur la montagne Saint Pierre. La prise rapide démontra de manière douloureuse l'intérêt stratégique de la montagne Saint Pierre en cas d'une attaque.
« Le chat-de-Tongres », une mise en batterie sur-élevée (composée de quatre canons lors de l'assaut français) fut étendue afin d'accueillir 12 à 14 bouches à feu. Suite au Traité de Nimègue de 1678, Maastricht fit à nouveau partie de la République.
La menace de la France s'accrût et les États-Généraux décidèrent de faire construire un ouvrage de défense sur la montagne Saint Pierre, qui fut achevé en 1702. Van Dopff ébaucha le fort comme il avait tracé le plan pour la reconstruction du Château Neercanne quelques années plus tôt.

Fort ou Citadelle?
Une citadelle était une forteresse qui commandait une ville et dont le but était de maîtriser, de contrôler les citoyens de la ville. Après la chute d'une place forte, une citadelle pouvait aussi indépendamment opposer résistance. Une citadelle était défendable de tous côtés et ses canons étaient braqués sur la ville. Maastricht n'a jamais eu de citadelle. Le fort faisait partie des ouvrages de défense. En temps de guerre il pouvait continuer à opérer de façon autonome.
Le fort Saint Pierre fut bâti selon un plan pentagonal. Le côté ville (le gorge) mesure 43 mètres, les deux flancs 39 mètres et les faces – les flancs orientés vers l'ennemi – 58 mètres.
La partie inférieure du mur se compose de blocs de marne, la partie supérieure de briques et de chaînes de blocs de marne. En première instance le fort mesurait 8 mètres de haut à partir du fossé. Au niveau du flanc droit huit canons étaient braqués sur le front ouest devant la Porte de Tongres. Seulement quatre au niveau du flanc gauche, parce qu'on s'attendait à ce que l'inondation de la zone sud-ouest fût une défense suffisante et que les fronts hauts à l'ouest eussent davantage besoin de soutien.
Les meurtrières à fusil de la galerie circulaire furent aménagées en deux alignements superposés. Chaque meurtrière donnait la possibilité de tirer vers trois directions de sorte que l'ennemi soit combattu par un tir de barrage. Au cœur du fort furent construits des magasins à poudre pour entreposer les munitions en temps de guerre. Pour éviter que des étincelles n'atteignent ces lieux, il fallait faire des constructions. En raison du haut degré d'humidité de l'air, les dépôts étaient absolument impropres à conserver longtemps la poudre, tout comme les vivres. Du temps de la construction du fort l'accès aux marnières le plus proche était situé à une distance de 100 mètres sur le Chemin de la marne (Mergelweg), tandis que ces marnières portaient jusque sous le fort. La dite entrée s'est effondrée en 1917 suite à l'érosion naturelle.
Dans le fort un puits fut pratiqué ainsi qu'un escalier à vis (avec 90 degrés et dans la galerie de marne en bas encore 18 marches). Le fond du puits arrivait à 2 mètres sous le niveau de la nappe phréatique.

Le tsar Pierre le Grand vint le 27 et le 28 juillet 1717 d'Aix-la-Chapelle. Il lui fut souhaité la bienvenue en lâchant trois fois cent coups de canon à partir de la forteresse. Il visita le fort et ses grottes de marne.
Les marnières sous le fort entraînèrent des risques d'affaissement et d'effondrement. L'affaissement d'octobre 1817 fut attribué à une explosion en 1794 et causa naturellement des problèmes techniques de défense.
Pour pouvoir reconstruire le saillant effondré, une pile de 24 m. de long fut fondée jusqu'au fond de la marnière.
Autrefois le réseau de galeries de mine du fort Saint Pierre s'étendait de la caponnière devant le saillant aux chemins couverts et au glacis, en direction du plateau de la montagne. Des galeries de mine pouvaient être creusées, si nécessaire, à partir d'un renfoncement dans la caponnière.
En 1747 le fort fut équipé – tout comme les autres 26 ouvrages de défense – d'un système de 3 galeries de fougasses (galeries creusées peu profondément sous la surface devant les angles saillants de la forteresse). Chaque galerie était dotée de fourneaux de mine pouvant faire sauter une partie du glacis.
Dans les années 1755-1756 une galerie maçonnée, tracée dans le prolongement de l'axe nord-sud, fut rajoutée.
Lors du siège de 1794 des galeries et des ramifications furent creusées en avant du fort Saint Pierre étayées de boisage.
Le dédale mystérieux comportait des risques pour les défenseurs eux-mêmes. La forteresse eut à endurer gravement lorsque l'armée révolutionnaire française assiégea la ville en 1794. Le 29 octobre une batterie de canons français, installée sur le Lauwberg (une partie de Cannerberg) ouvrit le feu sur le fort. Les canons du fort se révélèrent incapables de répondre à ces tirs à cause de l'angle mort.
Le 31 octobre les français dominèrent et firent exploser les galeries de au moyen d'une mine.
La capitulation des assiégés ne fut pas liée aux dégâts provoqués au fort, mais au fait que l'artillerie fut mise quasi totalement hors service et que les français réussirent à séparer le fort de la ville. L'ennemi essaya en vain de faire sauter tout le fort. La caponnière devant le saillant et ses galeries annexes s'effondrèrent. La face droite fut gravement endommagée. En 1817 certaines galeries de marne s'éboulèrent rendant inaccessibles toutes les galeries de mine.
Ces effondrements et détériorations obligèrent le Royaume des Pays-Bas à moderniser le fort. Ce dernier se situant juste sous le niveau du plateau de la montagne, les murs furent surélevés d'environ trois mètres dans les années 1816-1821. La face endommagée fut remise en état et en remplacement de la caponnière écroulée en avant du saillant quatre nouvelles caponnières furent construites: une à chaque angle d'épaule et à chaque angle de gorge. Ceci eut des conséquences pour les meurtrières à canon des flancs. On dut en abandonner quatre au niveau du flanc droit et en déplacer deux du côté gauche. Au-dessus du fort on bâtit une casemate à canons pour 12 pièces et un peu plus bas une batterie de trois mortiers. Ces modifications requirent la construction de quelques arcs permettant la consolidation du côté intérieur du fort. La puissance de feu et le champ de tir se trouvèrent considérablement améliorés.
La modernisation du fort eut lieu dans la période entre 1815 et 1822, Napoléon redevenant une menace. Le fort Saint Pierre fut remblayé de terre et des batteries d'artillerie en bois furent installées au-dessus. Des réparations aux murs extérieurs suivirent en 1816. Ceux-ci furent ensuite surélevés de trois mètres pour pouvoir mieux atteindre le terrain côté sud.
Au-dessus du fort deux batteries d'artillerie furent établies, trois casemates à mortiers, lesquelles étaient accessible à partir du terreplein via une poterne et tout au-dessus, douze casemates à canons et une chambre poudrière.

Après 1867 le fort perdit sa fonction militaire et fut vendu aux enchères à Laurentius Straetmans de Gronsveld. Par son mariage ce minotier était déjà entré en possession de la métairie Lichtenberg sur la montagne Saint Pierre et de la villa Hoogenweerth à Heugem.
Le fort Sint Pieter fut en partie démoli après 1867.
La commune de Maastricht en fit acquisition le 13 février 1919 et en 1935 y réalisa un établissement de récréation.

Dans les années 1940-1945 un mirador sur le fort fut utilisé par l'ancien Service de Défense Antiaérienne : une organisation communale qui avait pour but e.a. d'alerter à temps les citoyens en cas d'attaques aériennes. En 1953 un deuxième mirador fut utilisé par le Service national de la protection civile (BB), mais fut démoli en 1963.
Depuis 2006 des travaux de restauration rigoureuse furent exécutés.
Aujourd'hui le fort Saint Pierre est la propriété (et le joyau !!) de la Société pour la conservation du patrimoine naturel, Natuurmonumenten,
Lors de la construction d'un parking en déblai, un puits a été découvert. 
Après la restauration de ces dernières années, le fort perché sur la colline, offre à nouveau une apparence imposante et un nouveau bijou a été joint au patrimoine de la ville.
En savoir plus, nous référons au livret 'Fort Sint Pieter' de la série 'Maastrichts silhouet'.
Pour les circuits de groupe voir la rubrique 'Circuits de visite' de ce site.

Les cookies nous permettent plus facilement de vous proposer des services. En utilisant nos services, vous nous autorisez à utiliser des cookies.
Ok